Bien des châteaux ont connu des destins divers durant leur parfois longue histoire. Grandeur, mais parfois aussi, décadence. Une fois passée l’ère de la splendeur, de nombreux édifices ont subi les vicissitudes du temps, l’abandon et le délabrement. Afin d’éviter ce destin funeste, de nombreux propriétaires, aussi bien des collectivités locales que des privés, ont décidé de mettre à profit le potentiel de ces châteaux au service d’une activité économique et sociale. Et cela donne parfois des reconversions inattendues.

Château de Richebois (13)

Situé dans le département des Bouches-du-Rhône, à quelques kilomètres au nord de Salon-de-Provence, ce beau château du XVIIe siècle, a appartenu à la famille noble des Suffren, d’où est issu le fameux Bailli de Suffren, vice-amiral de la marine française sous Louis XVI. D’allure typiquement provençale, le majestueux bâtiment de couleur jaune ocre, blotti au cœur d’un parc verdoyant, inspire à première vue la sérénité. Et pourtant, difficile d’imaginer que ces murs renferment depuis plus de 40 ans, une des discothèques les plus en vogue des environs : le Richebois. Chaque fin de semaine, une foule nombreuse de clubbers vient s’y déhancher sur des rythmes endiablés. L’endroit parfait pour finir une soirée comme un prince !

Château de Blois (41)

Bâti entre le XIIIe et le XVIIe siècle, le château royal de Blois, s’il n’est pas le plus connu des châteaux de la Loire, n’en demeure pas un chef-d’œuvre architectural mêlant les styles gothique flamboyant, Renaissance et classique. Lieu de résidence apprécié des familles royales, ce monument historique, outre son intérêt touristique indéniable, a créé la sensation en accueillant régulièrement et dès 2013, de grands évènements de poker. Ces tournois de niveau national ont rassemblé durant plusieurs jours des centaines de participants, dont la crème des joueurs français dans des lieux fréquentés jadis par Charles Quint ou Henri IV.

De quoi renforcer l’image glamour de ce jeu et aller à l’encontre de certains mythes qui circulent encore, selon lesquels le poker se disputerait entre gangsters dans des arrière-salles enfumées ! Le château de Blois est en tous cas l’écrin idéal pour gagner avec un carré de rois !

Château de Stahleck (Allemagne)

Le superbe Château Stahleck, jadis utilisé comme camp de redressement durant le Troisième Reich, est désormais une paisible auberge de jeunesse

Vénérable château fort du XIIe siècle, le Burg Stahleck trône sur un piton rocheux dominant la vallée du Rhin, formant un cadre typiquement Wagnérien. Couverts de vignobles, les coteaux environnants rappellent qu’on sait aussi produire du bon vin blanc dans cette très vieille région d’Europe.

Les temps ont bien changé depuis que la guerre de Trente Ans entre catholiques et protestants a mis le château à feu et à sang. Aujourd’hui, l’édifice médiéval s’offre une cure de jouvence en devenant un hôtel qui accueille de jeunes voyageurs du monde entier. Une auberge de jeunesse entourée de fortifications et surmontée de tours poivrières, n’est-ce pas là une idée originale pour vos prochaines vacances ?

Château des comtes d’Armagnac (32)

Au cœur du pays gascon, la ravissante commune de Lectoure se distingue par son remarquable patrimoine architectural. C’est la ville natale du Maréchal d’Empire Jean Lannes, et aussi la capitale du melon. L’un des sites d’intérêt est le château des comtes d’Armagnac, d’origine moyenâgeuse, dont subsistent encore de très beaux vestiges comme ses remparts, érigés sur une falaise calcaire. Le château fut un temps transformé en hôpital jusqu’à sa mise en vente en 2014 par la mairie ; aujourd’hui, il est devenu un marché à la brocante fréquenté. De nombreux artistes et antiquaires y exposent leurs trésors pour le plus grand plaisir des chineurs. À découvrir si vous décidez de découvrir le département du Gers.

Château de Meudon (92)

La silhouette caractéristique du dôme de l’Observatoire de Meudon, juché sur le toit du palais baroque

Aux portes de Paris, ce magnifique édifice baroque construit par les architectes Le Vau et Mansart aurait pu avoir un destin à la Versailles, grâce à sa situation surélevée dominant toute l’Île-de-France. Depuis ce promontoire à 160 mètres d’altitude, la vue sur Paris est immanquable.

Destiné à abriter le Grand Dauphin, fils de Louis XIV, il connaîtra une histoire mouvementée et plusieurs propriétaires avant de brûler partiellement en 1871. À sa reconstruction, on décide d’en faire un observatoire dédié à l’astrophysique, une grande innovation pour l’époque. De nos jours, le site de Meudon, rattaché depuis à l’observatoire de Paris, sert quotidiennement à l’observation du soleil.

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